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Nous arrivons chez François et Sylvie au Favril, le 13 avril de beau matin. Une ruche à droite, une chèvre à gauche, c’est bien là ! Nous garons donc le camion près du compost pour aller à la rencontre des habitants de la belle et étrange maison qui s’érige maintenant devant nous.
L’accueil est chaleureux et François et Sylvie nous invitent à les suivre à l’intérieur, où nous attend le pétrin… « Eh oui, c’est le jour du pain aujourd’hui » nous lance François « et vous allez inaugurer mon nouveau pétrin en orme ! ».
Et c’est ainsi que débute notre étape de la rue du bois… Les mains dans la farine et le levain !
Etonnant parcours que celui de François Di Nunzio, d’origine italienne, et de Sylvie Delannoy, déjà originaire du Favril. Ils se sont rencontrés il y a une dizaine d’année avec une motivation commune pour la création d’une « oasis »*. Ce petit coin de paradis est le résultat d’années de travail et de persévérance. En effet, lorsqu’ils se sont installés, le terrain était nu. Pas d’eau, pas d’électricité, pas de maison ! Ils achètent alors un mobil home d’occasion à 8000 francs, récupèrent l’eau de pluie pour leur vie quotidienne et se chauffent au bois. L’autonomie qu’ils recherchent commence donc ainsi et c’est dans ces conditions qu’ils réalisent les plans de leur future maison, et l’installation des ruches que François avait amenées avec lui.
Ils vivent trois ans dans ce mobil home qu’ils complètent avec une avancée, isolée grâce à des bottes de paille, et mettent 18 mois pour autoconstruire leur maison « écologique » en bois cordé (voir photos). A l’intérieur, des cloisons en torchis, mélange de terre locale et de paille, complète une ambiance douce et paisible. De son côté, la chaleur, provenant d’un gros poêle à bois, remplit l’espace pour le bonheur de ses habitants, surtout par ses jours frais et humides.
Dans leur recherche d’autonomie, François et Sylvie n’oublient rien et même s’ils disent avoir fait beaucoup de compromis au fil de la construction, le travail est plutôt abouti. Les toilettes sèches, sur litière de paille, évitent le gaspillage d’eau tout en faisant profiter le compost d’apport de matière organique. L’eau de pluie et de ruissellement est récupérée depuis les toits et les drains et acheminée jusque dans des cuves de décantation, creusées un peu plus bas sur le terrain.
Ils regrettent toujours d’être dépendant au niveau électricité mais l’argent vient à manquer pour installer des panneaux solaires. Ce sera pour plus tard. En attendant, il reste l’étage à terminer.
Tout en bâtissant leur habitation, François et Sylvie démarraient leur activité de maraîchage en disposant sur leur terrain deux serres, une pour le matériel de construction qui ne rentrait évidemment pas dans leur mobil-home, et l’autre pour les légumes. Un poulailler voit rapidement le jour ainsi qu’une baraque pour les cochons, et au fond du terrain, les ruches, déposées près d’une haie aux essences d’arbres diversifiées de manière à ce que les abeilles puissent butiner à proximité des arbres et des plantes non traités.
Et voilà comment nos deux amis, à force d’un travail qui semble tout à fait vertigineux, vivent maintenant de leurs diverses activités, en toute cohérence avec leurs idées et un développement durable.
Il y a quelques mois, François Di Nunzio suivait un stage de boulanger avec François Bouderlique. Une corde de plus à son arc. Il installe rapidement un four à pain au feu de bois, sur le côté de la maison et toutes les semaines, ce sont 25 kilos de farine qui sont transformés en de belles miches de pain au levain biologique.
Le miel et le pain sont vendus sur le marché, les légumes et les œufs sont vendus directement à la ferme, les poules et le cochon étant davantage pour une consommation personnelle. Cet équilibre trouvé entre maraîchage, élevage, apiculture et habitat vient sans doute de leur volonté de créer une activité à taille humaine, en partenariat avec les réseaux locaux.
C’est une belle histoire que celle de François et Sylvie. Ils ont su fédérer autour de leur projet tout un réseau de personnes, artisans, consommateurs, voisins, désireux de partager avec eux cette aventure écologique ou tout simplement d’acheter leurs produits. A tel point qu’aujourd’hui, le couple a toujours dans l’idée de faire de la rue du bois, un éco-hameau !
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