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Ferme de la Bergerie, domaine de Villarceaux, commune de Chaussy (95).
Un 2 avril...
Pour notre première étape "longue", nous arrivons, ce samedi 2 avril, dans un endroit magnifique. Champs entourés de haies, bocages, ferme et habitation en pierre taillée et odeur d’herbe fraîchement coupée…Nous arrivons là dans un "domaine" et ça se voit !
La ferme de la Bergerie est située dans le parc naturel du Vexin français et compte 790 hectares répartis en : 2 Châteaux et leur parc ( depuis 1989, gestion confiée au conseil régional d’Ile de France) , un golf (géré par une association sportive, et qui en contrepartie d’une baisse de loyer, s’engage à préserver le qualité de l'eau et des écosystèmes en place) 405 hectares de terres agricoles cultivées en Bio, et les bois de Morlû et de la moinerie (210 ha).
Sous l’impulsion de la fondation Charles Leopold Mayer pour le progrès de l’homme, qui est propriétaire de la ferme, une dynamique véritablement écologiste s’est mise en place depuis 1993, date à laquelle la fondation décide de réorienter le Domaine de Villarceaux vers une mise en valeur durable.
En 1997 la conversion se met en place (reboisement des forêts, mise en place de réseaux de bandes enherbées, replantage de haies, augmentation du cheptel, diversification des cultures…) et depuis 2002 la totalité du domaine est en bio. Cette conversion progressive, en interrelation étroite avec les milieux naturels, les bêtes et les hommes mène aujourd'hui le domaine à une cohérence étonnante.
L’élevage, assez récent sur le domaine, est largement encouragé en agriculture bio car il permet une gestion intégrée cohérente. Pour exemple, Les vaches de race « Salers » sont exclusivement nourries avec des céréales cultivés sur le domaine ; le fumier une fois composté devient apport organique de haute qualité pour les terres céréalières. La ferme est donc autonome en terme d’engrais naturels. La viande quant à elle, est quasiment entièrement distribuée au travers de la coopérative de consommateurs « Saveurs du Vexin », en vente directe.
Il faut noter tout de même, nous dit Natacha, responsable de l’élevage, que la ferme a investi lourdement pour réintroduire l’élevage et un système herbager, renonçant ainsi partiellement à d’importantes primes allouées par la PAC (Politique Agricole Commune). Pour donner une idée, les subventions allouées concernent majoritairement les exploitations qui tendent à s’agrandir, et pour s’agrandir, il faut éliminer les haies pour faire des « plaines » praticables pour les grosses machines.
La France fut, il y a une trentaine d’année, l’un des pays précurseur de l’agriculture biologique. Aujourd’hui, on compte moins de 2% de l’ensemble du territoire en bio. Etonnant ? Pas tant que ça lorsqu’on constate que l’on touche davantage de subventions à faire une agriculture qui déstructure le milieu, qu’une agriculture qui valorise durablement l’environnement naturel. (mises bout à bout, les subventions touchées en bio sont 10 fois moindre qu’en agriculture conventionnelle).
Aujourd’hui, 8 personnes travaillent sur la ferme, soit à temps plein, soit à temps partiel, à la mise en valeur agricole, environnementale, sociale et culturelle du domaine. Ateliers pédagogiques, accueil de centre social régulier, organisation de journées portes ouvertes et d’évènements culturels, création de la *coop « Saveurs du Vexin », concourent à créer un lieu pilote et expérimental parfaitement intégré dans son milieu.
Cependant, l’exploitation n’est pas encore viable économiquement et des postes vont être supprimés l’an prochain. A présent que la conversion en bio est bien établie, il s’agit de rendre l’exploitation rentable afin de pousser l’expérimentation jusqu’au bout et d’assurer sa pérennité pour l’avenir. C'est le pari de ces prochaines années pour ce domaine qui, pour devenir exemplaire en matière d'agriculture et de mise en valeur durable, doit maintenant asseoir la viabilité économique de la ferme.
Quand à nous, nous avons profité avec joie des sanitaires en « dur » pendant ce week-end et de la chaleur partagée avec Philippe Cacciabue et sa famille ainsi qu’avec Natacha (responsable de la gestion de l’élevage, d’une partie de la comptabilité et du développement de l’accueil) et toute l’équipe de la ferme.
Tifenn à donné le spectacle « Voix de la terre » au milieu des bottes de paille et devant une vingtaine de personne (adultes et enfants) le dimanche en fin d’après-midi, le bonheur !!
Pour plus d’info sur :
Les journées portes ouvertes : 01 34 67 74 91
La coopérative de consommateurs « Saveurs du Vexin » :
coop-saveurs-du-vexin@wanadoo.fr ou Claude Gobet : 08 71 24 39 87 / 06 63 73 32 07
La coopérative Saveurs du Vexin fera l’objet d’un portrait complet en octobre 2005.
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