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Nicole et Jean-Louis se sont installés dans le Perche il y a bientôt 25 ans, dans la ferme de l’Angenardière. D’abord locataires puis propriétaires du lieu, ils se sont tout de suite orientés vers une activité laitière avec un atelier de transformation, fromage, beurre, crème.
La terre ici est lourde et grasse, argileuse, et extrêmement difficile à travailler. Jean-Louis nous raconte que les anciens d’ici utilisaient parfois 2 tracteurs pour tirer la charrue, tant la terre était compacte. C’est pour cela, nous explique-t-il, que l’on observe autant de cultures céréalières dans ce coin-là.
A notre arrivée, nous découvrons Nicole et Jean-Louis en train de déferrer une jument. C’est pour nous, jeunes citadins, une image de foire ou de livre d’histoire. C’est pourtant leur quotidien puisque sur cette ferme, les chevaux ont depuis longtemps pris la place du tracteur tandis que le foin et les céréales remplaçaient le gasoil.
Jean-Louis, passionné par les chevaux depuis toujours, a choisi la traction animale pour les travaux de la ferme. Les chanceux qui pourront se rendre au marché de Nogent le Rotrou le samedi matin pourront rencontrer Jean-Louis proposant beurre et fromages dans sa carriole !
Nicole, elle, préfère rester à la ferme et garde malgré tout le contact avec les clients qui viennent chercher leurs produits laitiers directement sur l’exploitation.
Ce qui nous frappe, c’est la simplicité dans laquelle tous deux vivent ce choix. Point de revendication ou de démarche intellectuelle, ils vivent juste en accord avec leur amour des chevaux, des bêtes et de la terre. Au début, les voisins ont jasés… on jurait que « ça » ne tiendrait pas, que c’était un truc de fada, mais eux s’en fichaient et… ils sont passés de 1,7 ha à 40 ha en 25 ans. De toute façon, Jean-Louis qui n’est pas bricoleur pour deux sous… alors les tracteurs…
On retrouve donc sur cet îlot remarquable, en plus de leurs 20 vaches jersiaises, des cochons, poules, coqs, chats, chiens, chevaux et un joli potager dont la production sert à alimenter les habitants de la ferme.
En ce bel après-midi ensoleillé, nous nous retrouvons à fagotter à nouveau. C’est de saison semble-t-il ! Mais cette fois, nous ne le faisons plus avec la presse et le tracteur mais avec la belle jument percheronne et le métier à fagots.
Nous allons de la ferme à la prairie à dos de luge et la vision est féerique : l’herbe est recouverte de fleurs de pissenlit et nous avons la chance de profiter des premiers soleils de printemps sur ce paysage de carte postale. Le ciel, lourd et chargé, tamise par instant la lumière crue du soleil et donne à cette scène des accents de grands espaces canadiens. Une fois arrivé près des haies, nous aidons dans la mesure de nos possibilités Jean-Louis et Nicole qui travaillent de concert, la serpe à la ceinture, avec des gestes assurés.
Au retour des champs, nous allons chercher les vaches au pâturage, un peu en contrebas de la ferme, car l’heure de la traite approche. C’est Nicole qui se chargera de cette opération tandis que Jean-Louis s’occupera des chevaux. Un seau de céréales dans les mangeoires, déballer une botte de foin au milieu du parc, aller voir les cochons, un petit tour au potager et Nicole en aura fini de la traite. L’heure donc de ramener les vaches au pré pour la nuit, et avant la traite du lendemain matin.
Voici donc le rythme de vie d’éleveurs laitiers – fromagers… de 8h30 à 21h30 en activité, de la laiterie, aux champs, à la traite, à l’entretien du potager, aux soins des bêtes, à la taille des haies, à l’entretien du matériel, les journées sont bien remplies…
Il y a quelques années, Jean-Louis et Nicole pouvaient compter sur l’aide de leurs enfants. Mais depuis qu’ils volent de leurs propres ailes, loin de la ferme familiale, c’est le couple seul qui mène l’activité de la ferme et la vente des produits au marché.
Les enfants, même si proches de l’activité agricole, ont préféré mettre en place leurs propres projets plutôt que de rester sur la ferme des parents. Peut-être y reviendront-ils…
En partant, Nicole et Jean-Louis nous conseillent de rendre visite à un boulanger de La Perrière qui devrait nous intéresser. Qu’à cela ne tienne, avant de rejoindre Sylvie Le Calvez de Villages Magazine à La Carneille, nous ferons un petit crochet par La Perrière… (voir le portrait de Thierry Hermeline – boulanger).
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