Lettre d'information n°14 - dimanche 25 septembre 2005
Rappel de l'épisode précédent (désolé, c'est un peu pareil à chaque fois, mais c'est pour les nouveaux abonnés !) :
Tifenn et Frédéric sont partis le 28 mars 2005 à la découverte de producteurs agricoles et artisans des métiers de bouche qui exercent leur activité dans le respect de l'environnement et des hommes. Leur voyage, qui dure 6 mois, les mène d'abord sur les grandes fermes céréalières franciliennes, puis vers le Nord, la Basse Normandie, la Bretagne, tout l'ouest puis l'est de la France... Après bientôt 6 mois de voyage, le parcours touche à sa fin. Pour l'heure, ils quittent le Limousin et se dirigent à Millançay, à la ferme de Sainte-Marthe, dernière étape de leur périple. Retour au bercail : le 28 septembre !
Cette aventure à la découverte de celles et ceux qui se cachent derrière les aliments que nous mettons dans nos assiettes se poursuit. Vous êtes chaleureusement invités à la vivre avec eux…
Pour les nouveaux abonnés, nous vous invitons à lire au moins la précédente lettre d'information afin de ne pas « débarquer » dans nos réflexions comme dans un pays inconnu. Vous pouvez y accéder dans la rubrique du site internet www.cheminfaisant2005.net > Nous suivre > La lettre électronique > Les archives.
Et n'hésitez pas à nous faire partager vos réflexions et commentaires !
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Retrouvez toutes les nouveautés, les portraits des producteurs rencontrés, les carnets de voyage, sur le site http://www.cheminfaisant2005.net
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Mercredi 21 septembre 2005 – 11h55 – sur la route vers la Ferme de Sainte-Marthe…
Nous quittons à présent le Limousin pour la dernière étape de notre voyage : la ferme de Sainte-Marthe et notre rencontre avec Philippe Desbrosses, parrain de notre projet et paysan un peu particulier…
Cette étape qui va durer une semaine s'annonce riche puisque nous participons aux 14 ème entretiens de Millançay, les jeudi 22 et vendredi 23 septembre. Nous passerons les jours suivants à la ferme où nous découvrirons la multitude de légumes de variétés anciennes cultivés à Sainte-Marthe, en compagnie des stagiaires qui suivent une formation en agrobiologie en vue de leur future installation comme agriculteurs.
Mais ça c'est une autre histoire dont nous vous raconterons les détails bientôt. Je vous propose donc de revenir un peu en arrière et de découvrir nos dernières rencontres…
Nous nous étions quittés dans la dernière lettre lors de notre étape chez Alain Réaut, producteur de Champagne en biodynamie.
Depuis, nous avons fait halte à la Haie Gourmande à Ferolles dans le Loiret, chez Thierry Filippi. Nous y avons découvert avec enchantement un producteur passionné qui cultive en bio fruits et légumes dans le but de les transformer en confitures, sirops et vinaigres. Nous avons vu transformer sous nos yeux melon, framboise, sureau noir, rhubarbe, et tant d'autres choses. Le dicton de Thierry : sitôt récolté, sitôt transformé ! Les fruits passent du champ à la bassine de cuivre en quelques heures seulement. Les papilles en alerte, nous sommes repartis de cette « haie gourmande » les bras chargés tant les produits sont nombreux et alléchants : 35 recettes de confitures, 6 vinaigres, une dizaine de sirops. Bref, une adresse à marquer dans vos tablettes. Vous pouvez retrouver les produits de Thierry sur le salon Marjolaine à Paris et les marchés fermiers de la région d'Orléans.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers Tours où nous attendaient nos amis du « Petit Monde », une association qui met en place des lieux de convivialité avec une programmation artistique très riche. Cette année, ils ont investi les bords de Loire, en plein centre de Tours, avec un bel espace qu'ils ont appelé « la petite en barque ». Nous avons passé du bon temps et avons animé deux soirées autour d'un repas naturel et savoureux, concocté par nos soins, et d'une présentation du projet Chemin Faisant et de quelques portraits de producteurs. L'occasion de se remettre un peu derrière les fourneaux ! Ca fait du bien car dans le camion, les possibilités d'expression culinaire sont un peu limitées !
Après ces quelques jours en milieu urbain, nous quittons nos amis pour la région Limousin. Nous sommes attendus là-bas de pied ferme par Sophie et Pierre de la Confédération Paysanne de la Haute Vienne, qui ont accepté de coordonner notre étape Limousine.
Aahh ! le Limousin ! C'est une région qui ne laisse pas indifférent. Les forêts sont magnifiques, mystérieuses et rappellent étrangement les plus beaux endroits de Bretagne, l'écorce moussue, les rochers de granit érodés, les arbres centenaires… Combien de fois avons-nous eu envie de pénétrer dans cette masse végétale avec la certitude d'y découvrir un trésor… Surtout aux premières heures du jour, lorsque la brume matinale semblent dissimuler quelques secrets…
Et puis avec nos rencontres, nous avons appris à connaître la réalité et l'histoire de ce territoire, profondément rural, et pauvre. Ce pays de champignons, de pommes, d'élevage ovins et de vaches limousines qui font la fierté des éleveurs, a lourdement souffert de la désertification d'après-guerre. Erosion quantitative et aussi qualitative car ceux qui sont partis étaient aussi les plus téméraires et les plus entreprenants. Tant et si bien que le Limousin a longtemps eu du mal à mettre en valeur tous ses acquis et son patrimoine. Peut-être cela explique-t-il pourquoi aujourd'hui la fameuse Golden AOC du Limousin est autant soutenue alors qu'elle n'a rien à voir avec le patrimoine de cette région et qu'elle subit jusqu'à 40 traitements chaque saison ! Peut-être cela explique-t-il aussi pourquoi nombreux sont les veaux qui naissent ici et sont ensuite envoyés en Italie à l'engraissement avant de revenir en France pour être vendus, la valeur ajoutée en moins !
Bref, le Limousin est une terre de contraste entre une histoire difficile et la volonté de mettre aujourd'hui en valeur, même maladroitement, ses atouts et ses savoir-faire. Contraste aussi entre le plateau de Millevaches au climat rude et la plaine, plus douce.
C'est dans ce contexte que nous avons fait de très belles rencontres. D'abord, le GAEC Champ Libre à Saint Julien le Petit, avec Jean-Luc, Corinne, Jean-Michel et Jean-Jacques qui mènent une ferme en polyculture élevage en biodynamie. Ils nous ont fait découvrir une biodynamie vivante et évolutive. La découverte de cette approche de la terre et de cette relation au vivant est toujours magnifique. Pour ces beaux personnages, agriculture rime avec culture. C'est ainsi qu'ils décident en 2000 de mettre en valeur le site magnifique dans lequel ils se trouvent en créant l'association « Contrechamp » dont les objectifs épousent la diffusion artistique dans une très belle grange restaurée ainsi que les animations pédagogiques avec visite de la ferme et accueil de groupes.
Tifenn a joué le spectacle dans la superbe « grange à foin ». Une belle soirée de partage, et pour la première fois, grâce à Claude, technicien lumière intermittent du spectacle et bénévole de l'association, des conditions de jeu proche d'un théâtre professionnel.
Association contrechamps – trasrieux – 87460 St Julien le Petit – Tél : 05 55 69 13 18
Comme un heureux hasard, le lendemain se déroulait à la ferme le forum social Limousin, avec, comme thématique, l'agriculture durable. Eh bien soit, nous prolongerons notre halte pour suivre ces rencontres !
Bref, le matin nous visitons la ferme sous l'angle « agriculture durable ». Nous filmons, et le discours est magnifique. A suivre donc dans un prochain document vidéo…
L'après-midi, nous participons à l'atelier du FSLimousin sur ce même thème et faisons connaissance avec les réalités agricoles limousines.
La route continue et nous faisons connaissance de Dominique et Agnès DISS, restaurateurs à Royère de Vassivière, un petit village étonnant du plateau. Le restaurant, « Saveurs Buissonnières » mérite vraiment le détour ! Dominique en cuisine, Agnès en salle, proposent un menu unique réalisé à partir de produits paysans locaux et pour la plupart biologiques. Dans ce petit écrin qu'ils ont investi et restauré depuis 2001, ils cultivent un certain art de vivre, naturel et savoureux. Si votre chemin vous amène en ces contrées éloignées, ne manquez pas cette petite halte buissonnière…
Saveurs Buissonnières – Dominique et Agnès DISS – 23460 Royère de Vassivière – Tél : 05 55 64 93 17
De là, comme nous avions un peu de mal à nous quitter, nous décidons de dormir sur place et de prendre le café le lendemain matin à « l'Atelier », au bourg de Royère de Vassivière. L'occasion pour nous de reprendre une « claque » tant ce lieu est magique : l'atelier est un bar - épicerie bio/équitable - restaurant - salle de spectacle/conférences/projection - cybercafé. Ce lieu, acheté par des jeunes du pays, partis à la ville, puis revenus à la « maison », montre à quel point la demande est forte pour la rencontre. Du matin au soir, vieux et plus jeunes se côtoient, échangent, se rencontrent autour d'un verre, d'une exposition, d'un spectacle. La vie a repris à Royère depuis que l'Atelier s'est ouvert ! Un bel exemple de dynamique local autour d'un projet qui créé du lien social et culturel et qui démontre déjà une pérennité économique.
L'Atelier - 23460 Royère de Vassivière – Tél : 05 55 64 52 22
Voir carnet de voyage
De Royère, nous filons maintenant en Corrèze, direction Vitrac sur Montane, près de Tulle, où Raphaëlle de Seilhac nous attend. Comme nous n'en avons pas marre de sauter de surprise en surprise, nous débarquons dans une maison bourgeoise du 17 ème siècle. Ferme un peu atypique que celle de Raphaëlle qui, suite à un héritage, se voit léguer ce lieu qu'elle réhabilite aussitôt en ferme avec un élevage de moutons et tout ce qui fait qu'une ferme est une ferme : potager, ânes, poules, oies, canards, cochons, chiens, chats, et j'en passe. C'est que la Raphaëlle, toute droit issue de la lignée des Seilhac, n'en est pas moins paysanne jusqu'au bout des ongles. Elle qui a toujours refusé les mirages des rallyes, écoles d'ingénieurs et autres lieux soi-disant destinés à certaines classes sociales, réalise sa passion, son chemin, en devenant paysanne ! Pour mettre en valeur le lieu, elle fait deux ans de travaux, seule, et fait de l'accueil en chambre et table d'hôte. C'est aussi un moyen pour elle de valoriser au maximum les produits de sa ferme qu'elle sert à la table de ses hôtes. Loin de se contenter de ces activités, elle s'engage aussi dans le mouvement des CIVAM et assume la présidence du FRCIVAM Limousin. Je n'en dis pas plus car la rencontre avec Raphaëlle a été magique et il va se passer pas mal de choses, prochainement, dans cet endroit aux vocations multiples. Affaire à suivre donc…
Nous filons ensuite chez Catherine et Luc Rabuel, éleveurs de porcs cul noir et de moutons au Vigen, à quelques kilomètres au sud de Limoges. Ils ont réhabilité voilà une quinzaine d'année le porc cul noir du Limousin qui était en voie de disparition. Ce porc rustique, vit dehors et se nourrit de ce que la nature peut offrir dans ces contrées de chênes et de châtaigniers. Catherine et Luc complémentent l'alimentation des cochons avec un mélange de céréales qu'ils cultivent eux-mêmes en bio. La viande est goûteuse et le lard épais ! Ils transforment eux-mêmes toute la viande qu'ils élèvent et vendent l'intégralité de leur production à la ferme, en vente directe. Un sacré équilibre qu'ils ont trouvé là !
Catherine et Luc Rabuel – Le Boudaud – 87110 - Le Vigen – Tél : 05 55 00 41 03
Le lendemain, nous visitons un magasin de producteurs, au centre de Limoges. Le magasin « Saveurs Fermières », comme les autres magasins de producteurs que nous avons rencontrés, a l'atmosphère chaleureuse et paisible, et l'engagement des producteurs qui y participent n'y est pas pour rien. Les produits répondent à une charte élaborée collectivement par tous les coopérateurs, mettant en avant des pratiques paysannes, équitables et respectueuses de l'environnement. Ces démarches collectives sont étonnantes et nous en avons fait une petite présentation dans les « pratiques agricoles innovantes et durables ».
Saveurs Fermières – 10, rue de la Céramique – Mail du mas loubier - 87100 Limoges – Tél : 05 55 79 88 51
Et puis, après une agréable journée à la fête des campagnes solidaires où nous sommes intervenus pour présenter Chemin Faisant et jouer le spectacle, nous nous rendons à la ferme de Sainte Marthe…
Samedi 24 septembre – 12h05 – à la Ferme de Sainte-Marthe… Les entretiens de Millançay sont terminés. Nous en profitons pour avancer le travail… préparer l'expo photo du prochain salon Equitexpo, et développer une réflexion sur un certain…
…RACKET SUR LE VIVANT !
Un des aspects de l'agriculture qui ressort après 6 mois de voyage et de rencontres, c'est ce hold up que l'industrie agro-alimentaire et pétro-chimique a opéré sur le vivant en un siècle. Déstabilisée par la capacité du vivant à se multiplier gratuitement, l'industrie a cherché à capturer cette valeur ajoutée. C'est un peu comme si les marchands de bougies faisaient un procès au soleil pour concurrence déloyale ! Sauf que là, c'est passé !
Hybridation, transformation génétique non maîtrisée et lâchée sur le marché sans évaluation sur la santé humaine, brevet sur le vivant, stérilisation des semences, création d'un catalogue officiel rendant hors la loi l'utilisation de semences paysannes… Quel programme ! Une véritable dictature technicienne et technologique.
En effet, ce voyage nous a émerveillé par bien des aspects. Et notamment par celui, minuscule, de la capacité d'une graine à se multiplier à l'infini ! Comme le dit si bien Pierre Rabhi, « Quand vous avez une poignée de blé dans votre main, vous savez que vous détenez un potentiel qui est susceptible de nourrir l'humanité toute entière. C'est une capacité de démultiplier la force existante de la vie. C'est ce qu'on appelle le durable, le reproductible. »
Et nous nous sommes aperçu, tout au long de notre voyage, que cette phrase, loin d'être uniquement de la poésie est une réalité criante ! Lorsque vous vous baladez dans un potager, dans un champ de blé, que vous découvrez avec vos yeux d'enfant la quantité de légumes, de fruits, de céréales qui peuvent sortir d'une seule graine, alors vous êtes pris d'un immense respect pour cette chose qu'on appelle le vivant et qui reste un vaste mystère.
On se dit alors que personne ne devrait mourir de faim tant la terre est prolifique quand elle est respectée.
Pourtant nous nous sommes aperçus au travers de toutes nos rencontres qu'il était impossible aujourd'hui sans se mettre en marge de la loi, de ressemer une partie de sa récolte, comme cela se fait depuis le néolithique. Ben oui, nous autres, pauvres citadins « hors-sol », nous pensions que les agriculteurs conservaient chaque année une partie de leur récolte pour la semer l'année suivante. Que nenni ! C'est une pratique révolue que l'industrie s'est rapidement appropriée au travers de l'hybridation des semences, des OGM, et de la création du catalogue officiel des semences qui seul dicte quelle semence peut être exploitée en culture. Ainsi, comme par hasard, on retrouve dans ce catalogue une grande majorité de semences hybrides qui n'ont pas la capacité d'être ressemées plusieurs fois sans dégénérer…
Ainsi donc, en 2005, l'industrie du vivant… euh l'industrie des morts-vivants (car les semences hybrides sont des clones, bafouant ainsi la première règle du vivant qui est sa diversité) a réussi à lutter contre la concurrence déloyale du vivant à se multiplier gratuitement !
Tous les réseaux que nous avons rencontré et qui oeuvrent à la protection de la biodiversité, à la multiplication des semences de pays (Kokopelli, Réseau semences paysannes, Biau Germe, ferme de Sainte-Marthe…), sont pour certains en marge de la loi et sous le coup de plaintes judiciaires.
La protection des intérêts privés iraient-elles si loin que la police doive intervenir pour empêcher des paysans de semer ! Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement, présidente du Cri-gen (comité d'expertise indépendant sur les OGM), avocate, qui intervenait aux entretiens de Millançay a même légitimé le fauchage des OGM en plein champ, la justice étant incapable d'appliquer le principe de précaution.
Les pratiques que nous avons rencontré, chacune à leur manière entrant en coopération avec le vivant, le milieu naturel et les humains, représentent à nos yeux un filet de sécurité pour une agriculture moderne qui s'enfonce dans une impasse pourtant déjà identifiée par les instances internationales comme la FAO et l'ONU. Ce filet de sécurité est composé de savoir-faire préservés, de biodiversité protégée et multipliée et de connaissances des milieux naturels que la modernité a écarté au profit de la technologie. En matière de vivant, la technologie ne remplace pas la connaissance millénaire des millions de paysans partout dans le monde. La technologie est une béquille pour ceux qui ont peur de ne pas maîtriser le vivant et son mystère. Cette béquille a déjà réduit 28 % des terres arables à la stérilité et rend notre agriculture soi-disant compétitive la plus chère de toute l'histoire de l'humanité !
Bien à vous.
Fred et Tifenn
LES NOUVEAUTES A RETROUVER SUR LE SITE…
CARNETS DE VOYAGE
1 nouveau carnet de voyage
L'Atelier à Royère de Vassivière, un lieu incontournable si vous passez dans le coin.
PRATIQUES AGRICOLES INNOVANTES ET DURABLES
Les magasins de producteurs : découvrez ces lieux de rencontre entre producteurs et consommateurs. Il y en a peut-être un près de chez vous !
LES PORTRAITS DES PRODUCTEURS
- Alain Réaut : producteur de champagne en biodynamie.
- Gérard Verret : un paysan atypique et innovant qui pratique une cuisine étonnante à base de plantes et fleurs sauvages
LES MEDIAS QUI NOUS SUIVENT :
Vous pouvez retrouver les portraits du GAEC Pic Bois et de Paul Keruel dans le numéro d'octobre de « Biocontact ».
Et toujours, le portrait de Jacky Dupety dans « Villages Magazine ».
POUR LES JOUEURS : Un simulateur d'élevage de vaches et de cochons
http://www.vacheland.com
http://www.kochonland.com
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
Tenez-vous fort !
Fred et Tifenn
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